dimanche 17 janvier 2016

Alan Rickman


J'étais dans le bus lorsque j'ai appris la nouvelle. Je n'arrivais pas à y croire. J'ai laissé échapper quelques larmes, le front contre la vitre sale. J'ai attendu quelques jours avant d'écrire cet article pour digérer l'info, pour y croire vraiment aussi. 

Alan Rickman, c'était l'acteur que j'idolâtrais depuis mes 10 ans. Découvert, comme beaucoup, dans le rôle du professeur Rogue dans la saga Harry Potter, il m'a époustouflée dans tous les autres films que j'ai eu l'occasion de voir. La plupart que j'ai vu, d'ailleurs, uniquement parce que son nom apparaissait au casting. 

C'est un peu dur d'écrire sur un homme que je ne connaissais pas, mais qui a toujours eu une petite place à part dans ma vie. Je n'ai pas envie d'inonder cet article de clichés dignes d'une groopie/fangirl que je ne suis pas. J'ai toujours eu un grand respect pour lui, et une admiration sans limite. Parce que, ce qu'il faisait, il le faisait à la perfection. Parce qu'il n'était pas né avec une cuillère en argent dans la bouche et qu'il a donc dû prouver ce qu'il valait et arriver où il en était arrivé à la seule force de son talent et de sa détermination. J'ai passé tant d'heures à le regarder, à écouter sa voix hors du commun, à attendre ses prochains films avec une impatience grandissante durant ces treize dernières année que j'ai toujours du mal à réaliser qu'après les deux derniers films auxquels il a participé, je ne connaitrai plus l'excitation qui m'habitait. Je n'ai jamais compris le manque d'engouement de la part du grand public. Sans doute la vieille question des goûts et des couleurs.


Enfin, je n'oublie aucun de ses rôles, tous aussi importants les uns que les autres, tous interprétés de façon brillante. Et s'il a joué un professeur Rogue comme personne d'autre que lui n'aurait pu le faire, ce fut le cas pour tous ses autres personnages. Il était le seul à pouvoir leur donner tant de présence et d'intensité. 

N'ayant rien à ajouter, mais ne voulant pas terminer cet article sur ces mots, je reposte ici les mots de Daniel Radcliffe qui ont su me toucher et me faire comprendre que derrière l'acteur de talent se cachait un homme plus que respectable. 
"Alan Rickman is undoubtedly one of the greatest actors I will ever work with. He is also, one of the loyalest and most supportive people I’ve ever met in the film industry. He was so encouraging of me both on set and in the years post-Potter. I’m pretty sure he came and saw everything I ever did on stage both in London and New York. He didn’t have to do that. I know other people who’ve been friends with him for much much longer than I have and they all say “if you call Alan, it doesn’t matter where in the world he is or how busy he is with what he’s doing, he’ll get back to you within a day”. People create perceptions of actors based on the parts they played so it might surprise some people to learn that contrary to some of the sterner(or downright scary) characters he played, Alan was extremely kind, generous, self-deprecating and funny. And certain things obviously became even funnier when delivered in his unmistakable double-bass. As an actor he was one of the first of the adults on Potter to treat me like a peer rather than a child. Working with him at such a formative age was incredibly important and I will carry the lessons he taught me for the rest of my life and career. Film sets and theatre stages are all far poorer for the loss of this great actor and man."


"It is never too late to change your mind. 
The important thing is to do everything with love."
- Alan Rickman

mardi 12 janvier 2016

Dora la dingue


Dora la dingue de Lidia YUKNAVITCH
[ 262 p. - 10/18 - 2012 ]

Quatrième de couv'
Dora est allergique au moindre geste d'affection. Le hic : elle aime secrètement sa meilleure amie, et c'est réciproque. La poisse : ses parents l'envoient consulter. La guerre est déclarée. Entre ses séances farfelues avec son psy et les frasques provocantes de sa drôle de bande, Dora entend bien contrer le moralisme ambiant pour affirmer sa différence, dans un joyeux fracas. Un hymne déjanté à l'adolescence et aux névrosés de tous bords, contés par la petite sœur spirituelle du Tyler Durden de Fight Club. Punk, féministe, hilarant : inoubliable.

Et à la lecture, ça donne..?
Dora, c'est l'ado révoltée, blasée et chiante que personne n'a envie de supporter. C'est la fille paumée, défoncée les trois quarts du temps à qui il est impossible de faire entendre raison. Le style de petite rebelle emmerdeuse que j'aurais sans doute aimé oser être, quand j'avais encore l'âge. Pas seulement parce qu'on a les mêmes Doc Martens, non. Mais parce qu'en lisant ce bouquin, en lisant ses pensées, à plusieurs reprises, je me suis dit : "merde, fait chier, il est trop tard pour moi, je ne peux plus faire ce genre de conneries qu'on ne pardonne qu'aux ados". Mais Dora c'est aussi une passionnée qui met tout ce qu'elle est, ce qu'elle a et ce qu'elle voit dans son art : le cinéma. Et c'est sans doute ce qui m'a touchée aussi.
Après ces quelques lignes, il est évident qu'il s'est passé un truc entre elle et moi. Mais passons.
L'écriture de l'auteur m'a fait l'effet d'une bouffée d'air frais, du style une journée d'hiver à la mer. Un bien fou, quoi. Langage cru, grossier, vulgaire, tout ce qu'on veut, mais tellement rafraichissant, ça se lit tout seul. Tout passe, parce que c'est du cru-grossier-vulgaire bien écrit. Le rythme est là, ça ne ralentit jamais, ce n'est jamais lent, ni long. Du premier au dernier mot, on est emporté.
Je n'ai pas envie de parler de la bande d'amis, ni du psy, j'ai trop aimé les découvrir seule, comme une grande et n'ai donc pas envie de gâcher le plaisir de ceux qui le liront. 

Et pour terminer, un petit extrait qui fait plaisir.
Filles d'Eve. Grave. C'est moi. Je ne vois pas Eve comme une pauvre conne qui s'est fait piquer par un serpent. Pour moi, Eve, elle envoie du bois. Je pense qu'elle a montré à Adam ce qu'il fallait faire avec sa bite, et que sans elle il serait entrain de l'enfoncer dans un trou de maille, un cul de chèvre ou un rémora. Sans Eve, Adam n'est qu'un mec planté là, sa bite à la main.
En trois mots
Puissant, drôle et dingue!