mardi 12 janvier 2016

Dora la dingue


Dora la dingue de Lidia YUKNAVITCH
[ 262 p. - 10/18 - 2012 ]

Quatrième de couv'
Dora est allergique au moindre geste d'affection. Le hic : elle aime secrètement sa meilleure amie, et c'est réciproque. La poisse : ses parents l'envoient consulter. La guerre est déclarée. Entre ses séances farfelues avec son psy et les frasques provocantes de sa drôle de bande, Dora entend bien contrer le moralisme ambiant pour affirmer sa différence, dans un joyeux fracas. Un hymne déjanté à l'adolescence et aux névrosés de tous bords, contés par la petite sœur spirituelle du Tyler Durden de Fight Club. Punk, féministe, hilarant : inoubliable.

Et à la lecture, ça donne..?
Dora, c'est l'ado révoltée, blasée et chiante que personne n'a envie de supporter. C'est la fille paumée, défoncée les trois quarts du temps à qui il est impossible de faire entendre raison. Le style de petite rebelle emmerdeuse que j'aurais sans doute aimé oser être, quand j'avais encore l'âge. Pas seulement parce qu'on a les mêmes Doc Martens, non. Mais parce qu'en lisant ce bouquin, en lisant ses pensées, à plusieurs reprises, je me suis dit : "merde, fait chier, il est trop tard pour moi, je ne peux plus faire ce genre de conneries qu'on ne pardonne qu'aux ados". Mais Dora c'est aussi une passionnée qui met tout ce qu'elle est, ce qu'elle a et ce qu'elle voit dans son art : le cinéma. Et c'est sans doute ce qui m'a touchée aussi.
Après ces quelques lignes, il est évident qu'il s'est passé un truc entre elle et moi. Mais passons.
L'écriture de l'auteur m'a fait l'effet d'une bouffée d'air frais, du style une journée d'hiver à la mer. Un bien fou, quoi. Langage cru, grossier, vulgaire, tout ce qu'on veut, mais tellement rafraichissant, ça se lit tout seul. Tout passe, parce que c'est du cru-grossier-vulgaire bien écrit. Le rythme est là, ça ne ralentit jamais, ce n'est jamais lent, ni long. Du premier au dernier mot, on est emporté.
Je n'ai pas envie de parler de la bande d'amis, ni du psy, j'ai trop aimé les découvrir seule, comme une grande et n'ai donc pas envie de gâcher le plaisir de ceux qui le liront. 

Et pour terminer, un petit extrait qui fait plaisir.
Filles d'Eve. Grave. C'est moi. Je ne vois pas Eve comme une pauvre conne qui s'est fait piquer par un serpent. Pour moi, Eve, elle envoie du bois. Je pense qu'elle a montré à Adam ce qu'il fallait faire avec sa bite, et que sans elle il serait entrain de l'enfoncer dans un trou de maille, un cul de chèvre ou un rémora. Sans Eve, Adam n'est qu'un mec planté là, sa bite à la main.
En trois mots
Puissant, drôle et dingue!

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