mercredi 17 février 2016

Journal d'un vampire en pyjama


Journal d'un vampire en pyjama de Mathias MALZIEU
[ 240 p. - Albin Michel - 2016 ]

Quatrième de couv'
Me faire sauver la vie est l'aventure la plus extraordinaire que j'aie jamais vécue.

Et à la lecture, ça donne..?
Je ferme à peine le livre. Et j'ai la sensation que si je n'écris pas mon ressenti maintenant, je ne le ferai jamais. C'est un besoin urgent bien plus qu'une envie pressante. Pareil à ce que j'ai ressenti en le voyant trôner en librairie, puis en le lisant. Mathias Malzieu nous offre, dans ce journal de bord, ses pensées les plus tristes comme les plus optimistes. Il nous décrit son combat contre une maladie qui lui tombe dessus sans crier gare, une claque dans la gueule dont la douleur persiste de longs mois. Comme toujours, ses lignes sont pleines de poésie, de douceur et de sourires qui s'esquissent. Ses métaphores sont superbes et ses jeux de mots impressionnants d'ingéniosité. 
Pourtant allergique à tout ce qui touche au milieu hospitalier et aux maladies, j'ai dévoré ce livre, en ai apprécié et savouré chaque mot du premier au dernier. Contrairement à ce que je craignais, je ne me suis pas sentie comme une voyeuse, je n'ai pas eu l'impression de m'introduire de force dans la vie de quelqu'un. Grâce à la poésie qui plane, mais grâce aussi à une certaine pudeur dans ses mots qui nous empêche de vouloir en savoir plus que ce qu'il nous dit. On est heureux de tenir une tranche de sa vie entre nos mains, heureux de savoir, avant de l'avoir lu, que ça se termine bien. Je ne dirai rien de Dame Oclès. Je vous laisse écouter sa chanson et lire le livre pour la découvrir. 
J'ajouterai pour terminer, qu'on oublie vite la chance qu'on a d'aller bien, de pouvoir attraper un rhume ou la grippe sans s'inquiéter plus que ça. Personne n'est à l'abri de rien et les mots de Mathias Malzieu sont autant de piqures de rappel.

Un petit extrait qui fait plaisir
Tous les jours, Rosy traverse la ville et vient me sourire du bout des yeux. Avec son masque, sa charlotte et sa blouse de chirurgien, on dirait une pâtisserie sous vide qu'on me fait passer sous le nez sans même que je puisse humer son parfum de fleur d'oranger. Je me demande quand je pourrai la toucher, ne serait-ce que l'effleurer. Je ne sais même plus ce que ça fait, le contact de sa peau. Elle rigole quand je lui dis que je ressemble à un hamster. "Tu es très beau", dit-elle. Je sais bien que non, mais c'est bon quand même.
Quand les batteries de l'espoir se vident, elle se transforme en chargeur et remet mon coeur en route. La machine à pétiller de l'esprit s'ébroue par petits spasmes avant de retomber dans le sommeil lorsqu'elle disparait dans le sas.

En trois mots
Touchant, poétique et humain.

Petit bonus musical

3 commentaires:

  1. Je le vois partout et il me le faut, vraiment !

    RépondreSupprimer
  2. Hello, je te rejoins à 200% c'est un roman magnifique et vraiment touchant !

    RépondreSupprimer